La pleine conscience n’est pas née avec les applications mobiles, ni avec les protocoles contemporains de gestion du stress.
Elle s’inscrit dans une longue histoire de pratiques d’attention, de présence et de discernement, issues de traditions contemplatives anciennes, puis traduites, adaptées et rendues accessibles dans des contextes laïcs et modernes.
Depuis plusieurs décennies, de nombreuses approches ont contribué à cette transmission : la méditation de pleine conscience telle qu’elle a été introduite dans le champ de la santé, les approches humanistes de la relation d’aide, les pratiques corporelles, les pédagogies expérientielles, ainsi que différents courants issus de la psychologie contemporaine.
Ce que je propose aujourd’hui ne se situe ni en rupture, ni en surplomb de cette histoire.
Cela s’inscrit dans une continuité, nourrie par ces apports, et façonnée par plus de vingt années de pratique personnelle, de formation et d’accompagnement.
Le terme de Pleine Conscience Humaniste n’a pas vocation à désigner une école ou un courant structuré.
Il nomme une manière personnelle et assumée de tenir ensemble ces héritages, en mettant l’expérience humaine concrète au centre du chemin.
Au fil des années, un constat s’est imposé :
beaucoup de personnes pratiquent la pleine conscience avec sérieux, parfois avec assiduité, mais restent prises dans une forme de tension intérieure, comme si la pratique devenait une nouvelle injonction à aller mieux, à être plus calme, plus présent, plus aligné.
Or, l’expérience montre que la pleine conscience se déploie véritablement lorsque l’être humain est accueilli tel qu’il est, et non tel qu’il devrait être.
C’est à cet endroit précis que s’est peu à peu clarifiée une orientation plus explicitement humaniste de la pratique :
La Pleine Conscience Humaniste, telle que je la nomme aujourd’hui, est donc moins une méthode qu’une posture intérieure : une manière d’entrer en relation avec l’expérience humaine sans chercher à la corriger.
Mon chemin, comme tant d’autres, ne s’est pas construit autour d’un seul courant, mais par strates successives, souvent complémentaires, parfois questionnantes.
J’ai suivi l’intégralité du parcours de formation en PNL, tel qu’il était proposé à l’époque :
Je me suis passionné pour les outils "psychométriques" : DISC, MBTI, ProcessCOM avant de me former au GOLDEN avec les Éditions du Centre de Psychologie Appliquée à Paris.
J'ai aussi suivi, en sus de la formation de Coach avec la PNL, deux autres parcours de formation au coaching de vie et au coaching de leadership, ainsi que le cours 101 en Analyse Transactionnelle.
Ces années ont été structurantes.
Elles m’ont donné des repères solides en matière de communication, de modélisation, de relation d’accompagnement, mais aussi une conscience fine des limites d’une approche trop centrée sur le mental, le langage et le changement volontaire.
Progressivement, le besoin d’un ancrage plus corporel et plus expérientiel s’est imposé.
C’est dans ce contexte que je me suis formé à la pleine conscience selon le programme MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction), en tant qu’instructeur, dans la lignée développée par Jon Kabat-Zinn.
Cette formation, terminée en 2019 avec l'IMA, a constitué un tournant majeur : elle a offert un cadre rigoureux, laïque, éthique, et profondément respectueux de l’expérience vécue.
En parallèle, j’ai exploré de nombreux autres outils d’accompagnement, toujours avec la même intention : comprendre ce qui soutient réellement la régulation, l’autonomie et la maturation intérieure, sur le temps long.
À côté de ces formations reconnues, mon chemin a également été nourri par des enseignements plus anciens, transmis de manière orale et expérientielle, enracinés dans une relation profonde à la nature, au corps et aux cycles du vivant.
Je n’utilise volontairement pas certains termes pour qualifier ces transmissions, afin d’éviter les projections ou les fantasmes qu’ils peuvent susciter.
Ce qui importe ici n’est pas l’étiquette, mais la qualité de présence qu’ils ont cultivée.
Depuis plusieurs années également, je vis régulièrement des diètes longues avec des plantes maîtresses d’amazonie, dans des cadres stricts, respectueux et profondément introspectifs.
Ces expériences ne constituent pas un enseignement à transmettre tel quel, ni un modèle à reproduire.
Elles ont cependant profondément affiné mon rapport à l’écoute, au silence, à la lenteur, et à la dimension non mentale de la connaissance.
Elles ont renforcé une conviction simple : le corps, la relation au vivant et l’expérience directe sont des sources de sagesse irremplaçables.
C’est de cette convergence qu’est née La Voie de l’Instant.
Elle n’a pas été pensée comme un système clos, ni comme une méthode exclusive.
Elle est une boussole intérieure, issue de l’expérience, qui aide à s’orienter lorsque les repères habituels deviennent insuffisants.
La Voie de l’Instant repose sur trois piliers :
qui se déploient dans trois dimensions indissociables :
Elle s’incarne à travers des pratiques simples, accessibles, ajustables, toujours proposées comme des invitations et jamais comme des obligations.
Au cœur de cette approche se trouvent 16 attitudes, non pas comme des idéaux à atteindre, mais comme des repères vivants, explorés dans la pratique et la relation.
Les 12 premières s’inscrivent clairement dans la lignée des travaux de Jon Kabat-Zinn, enrichis par les recherches de Shapiro et Schwartz :
Quatre autres attitudes se sont imposées au fil de l’expérience, non comme des ajouts théoriques, mais comme des nécessités humaines :
Ensemble, ces attitudes constituent le socle de la Pleine Conscience Humaniste telle que je la transmets aujourd'hui : une pratique exigeante, mais profondément humaine, sérieuse sans être austère, ancrée sans être rigide.
Il existe aujourd’hui de nombreuses manières d’enseigner la pleine conscience, chacune avec sa cohérence, ses forces et ses limites.
La Pleine Conscience Humaniste ne cherche pas à se positionner contre d’autres approches, ni à établir une hiérarchie.
Elle propose simplement une formulation singulière, issue d’un chemin personnel, d’une intégration patiente et d’un choix éthique clair : placer l’expérience humaine réelle au centre, sans promesse de résultat, sans idéalisation, sans modèle à suivre.
Une invitation, pas une réponse toute faite
Ce qui est proposé ici n’est pas une solution.
C’est une invitation.
Une invitation à ralentir.
À écouter.
À faire confiance à une intelligence plus large que le mental.
À cheminer avec sérieux, humour et humanité.
C’est dans cet esprit que la Pleine Conscience Humaniste et La Voie de l’Instant continuent d’évoluer : vivantes, ouvertes, et profondément reliées à la vie telle qu’elle se présente.
Avec amour.
Jean-Marc Terrel
Essaouira le 10 février 2026
